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 Entretient avec Pierre Henri de La Fabrègue, dixit l'Indépendant Novembre 2011       

 

C’était un peu son destin. Pierre Henri de La Fabrègue, né de parents catalans était inexorablement rattaché à la terre de ses ancêtres. Son père, son grand-père, son arrière-grand-père, travaillaient sur le domaine viticole. Des cuves construites au 18eme siècle, attestent encore de l’activité ancestrale.

Venu au monde à paris, - « les ainés de la famille ont les faisait alors naitre à paris, dans la clinique du Belvédère, qui était alors la plus réputée pour les maternités. C’est là que je suis né » -, le garçon grandira à Rivesaltes au domaine de Rombeau avec ses deux sœurs cadettes. «  Une enfance très heureuse ».

 

Après le bac passé au lycée Bon secours, Pierre Henri s’essaye 1 an à la médecine à Toulouse, un peu par atavisme. « Mon grand-père, Henri de la Fabrègue était médecin. C’est lui qui a relancé les vins doux ici. A l’époque, il n’y avait pas de sécurité sociale, les médecins ne faisaient pas payer, les gens qui avaient les moyens étaient des amis, on ne les faisait pas payer. Ceux qui n’avaient pas d’argent, on les soigner sans rien leur demander. La vigne à l’époque servait à obtenir son revenu. Mon grand-père était un passionné du vin. Il prenait un soin fou à l’élaborer. Au point que quand les négociants venaient chercher les vins, il s’enfermé chez lui, volets fermés. C’était comme si on venait lui voler ses bébés, il ne voulait pas voir ça ».


Ce grand-père mort en 1938, Pierre Henri ne l’a pas connu mais la passion est passée chez l’enfant. Après son année de médecine il entre à paris dans une école de commerce. «  On a créé de suite notre première société de marketing,  Apéria, avec des amis, un professeur d’HEC et un professeur de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris. Apéria pour apéritif, étymologiquement signifie, « commencer dans la joie ». J’avais 18 ans alors. On était 4 associés, et on faisait du conseil en marketing à court et moyen terme. On a eu de suite beaucoup de succès. La boite existe d’ailleurs encore avec 2 des associés de l’époque. » Une création d’entreprise, très jeune, liée à un certain sentiment d’urgence. « Je sentais qu’il fallait quelque chose de rapide, parce que par essence, je savais que j’allais revenir ici. La toile de fond c’était de reprendre la suite. Je revenais tous les week-ends pour aider mon père dans sa réflexion. Il avait vu très vite que les vins doux allaient s’écrouler »

 

Pierre Henri a 30 ans quand son père disparait à 60 ans, d’une crise cardiaque, « une immense perte affective… il était évident qu’il fallait alors que je reprenne l’exploitation. Au début, je pensais pouvoir faire les deux, poursuivre mon activité à Paris et m’occuper du vin ici. Mes sœurs m’ont laissé carte blanche. ».
Cette double activité marque une période compliquée pour le jeune homme. D’autant plus qu’à Paris, sa société se développe, une structure dédiée à la publicité par l’objet est créée par Pierre Henri. Il devient président de Syndicat National de la Publicité par l’Objet. Il essaye de réformer la profession avec le Ministre du Commerce d’alors. Un rôle qu’il abandonne à la mort de son père tout en poursuivant ses diverses activités. « J’ai essayé de faire les deux jusqu’à la fin des années 80. Même avec beaucoup d’énergie je n’ai pas pu y arriver. Je prenais mon scooter pour aller plus vite à l’aéroport à Paris. Je revenais vers mes vignes. Mes clients croyaient que j’étais à Paris. Au bout d’un moment je me suis aperçu que c’était impossible. Je me suis concentré sur l’activité viticole ».

 

Par chance, la famille possède encore des terres, face au domaine, achetées par la ville de Rivesaltes pour son expansion. « La vente des terrains a permis de restructurer le vignoble et d’envisager une idée qui me tenait à cœur, mettre en place une structure qui permette une diversification. ».
Le hasard joue son rôle.
Le jeune homme rencontre alors Aimé
et Léonard Pascal, les patrons du Rallye, un restaurant extrêmement réputé à Perpignan. Léonard propose à Pierre Henri d’organiser dans ses caves l’anniversaire d’une amie. Celle-ci deviendra l’épouse du vigneron, la mère de sa fille. Le Rallye doit être reconstruit. Pendant les deux ans de sa reconstruction, il est alors envisagé que les frères Pascal créent un restaurant au Domaine de Rombeau. Mais les banques ne suivent pas les deux frères. « Je suis resté avec ce projet de restaurant sur les bras, raconte de la Fabrègue. Yves ZIER, qui avait monté L’Agrappe-cœur à Perpignan m’a proposé en attendant, l’arrivée du Rallye, d’ouvrir un restaurant l’été. A l’époque, les restaurants à Perpignan ne marchaient pas l’été. Cela s’est fait de suite. Marcel HERNOUX, le cuisinier de l’Agrappe-cœur est un très bon cuisinier et Yves ZIER, un très bon chef de salle. Ils ont démarré le restaurant du Rombeau en faisant venir leur propre clientèle. Cela a été le starter de l’activité. Au bout de deux ans, la mairie de Perpignan a autorisé les terrasses de restaurant. Yves ZIER et Marcel HERNOUX, sont revenus sur Perpignan. J’ai eu la chance de rencontré alors René SARRE, le chef de cuisine de Molitg, qui avait déjà une étoile au Michelin. Il a souhaité continué l’aventure ici ».

 

Depuis, le restaurant a doublé de volume, reçoit les séminaires des plus grandes sociétés, Axa France par exemple et Cémoi ce jeudi. Le restaurant du Domaine de Rombeau, appuyé au domaine viticole de même nom est devenu un des lieux les plus couru du département. Grâce en particulier au travail et à la finesse de Pierre Henri de la Fabrègue. « Le restaurant a été un apport qualitatif important pour le domaine. On peut tester des nouvelles cuvées. L’avantage de ces métiers, c’est qu’il y a toujours du développement possible. On peut progresser tous les jours. Mais il faut garder la tête froide. Les remises en question peuvent être sévères. Il faut faire attention : les personnes viennent ici pour boire et pour manger, pas pour autre chose. Les amoureux pour se tenir la main, les amis pour rire et boire un coup, les hommes d’affaires pour signer un contrat dans la convivialité, les cérémonies familiales pour créer un instant de mémoire… notre métier, c’est juste d’être un relais de bons moments ».

Ce qu’avec sa finesse, son positivisme forcené, ses amitiés fortes, Pierre Henri de la Fabrègue, en bon alchimiste, est parvenu à faire en peu plus d’une vingtaine d’années. « Très vite le restaurant est devenu un caravansérail. C’est ma grande satisfaction, que tous les milieux se rencontrent ici. » Ce magnifique lieu d’échange et de convivialité joue de plus en plus la carte de la proximité, en valorisant les produits d’ici, en se transformant, pour le domaine, en vignoble bio. « N’oublions pas que nous sommes dans un département agricole, et que nous devons être de plus en plus fiers de notre agriculture. Nous avons ici les meilleurs terroirs au monde ».

La qualité première de Pierre Henri de la Fabrègue tient certainement dans ce propos : pour les hommes, ses richesses, ses terroirs, l’homme de Rombeau est avant tout un étonnant vecteur de valorisation. Son succès se situe certainement là… Rombeau rend beau.

 

JP l'Indépendant Novembre 2011 

 

 


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